Nous savons que le sol influence significativement la croissance de nos arbres depuis le Design Project 2024 d’Ines et Aurèle. Nous avons voulu en savoir plus dans le cadre d’un nouveau Design Project avec l’EPFL.
Camille Perrin et Alena Vasilyeva ont analysé des échantillons de sol prélevés sur 19 terrains: 10 terrains où la croissance de nos arbres est forte selon nos mesures dendrométriques et 9 terrains où nos arbres ne grandissent pas bien.
Alena et Camille montrent que deux groupes de facteurs expliquent la croissance de nos arbres et que le pH est déterminant. Plus le sol est acide, moins les nutriments qui y sont présents, sont accessibles aux végétaux (il y a ainsi paradoxalement plus de phosphore dans les sols des parcelles non-performantes car ce phosphore ne peut pas être absorbé par les arbres puisqu’il est plus fortement lié à d’autres atomes).
En zone tempérée on utilise le chaulage pour rendre le sol plus basique, mais la chaux n’est pas facilement disponible dans notre région. On peut aussi utiliser de la cendre (ce que font les cultivateurs lorsqu’ils brûlent les arbres pour reconvertir une jachère en champs cultivé) ou du biochar (ce que nous allons essayer d’introduire – nous en reparlerons!).
Prédire les défrichements est important pour notre projet. C’est pourquoi, cette année encore, nous avons collaboré avec l’EPFL dans le cadre d’un Design Project.
Feryel El Phil et Camille Dupré Tabti ont d’abord montré que la dérivée première des valeurs NDVI était une bonne méthode pour identifier le moment où un terrain est défriché.
Il leur est ainsi possible de calculer la durée de rotation culturale pour chaque terrain. On voit ci-dessous qu’elle est très variable : certains terrains voient une rotation tous les 7 ans (en gros: 2 ans de culture, 5 ans de jachère) alors que d’autres peuvent aller jusqu’à 25 ans:
Fortes de ces résultats elles génèrent ensuite une carte des probabilités de défrichement à Linko et à Samana et concluent que le risque que nos parcelles soient déboisées augmente si le terrain est facilement accessible pour le cultivateur (proximité du village) et s’il est naturellement fertile. Nous pouvons ainsi prédire quelles familles-terrains seraient les plus susceptibles de remettre en question leur participation au projet si les revenus carbone qu’elles reçoivent ne les satisfont pas.
On se souvient qu’en 2025 les familles-terrains avaient été d’accord d’allouer 10% de leurs « revenus carbone » à leur village. La répartition du montant s’était faite en proportion du nombre de familles-terrains et de la superficie reboisée par village. Ainsi, Forono, le village le plus important, avait reçu environ 800.- CHF alors que Kala, le village le moins important, avait reçu 50.-. Comme ces montants ne suffisent pas pour de réels travaux d’infrastructure, ils ont été dépensés sans impact durable.
Nous avons voulu changer cela et avons proposé au comité coopératif de la Coopérative d’y réfléchir. L’idée était de ne plus répartir les CHF 10’000.- annuels de la « part des villages » sur les 26 villages mais seulement sur deux villages, chaque année. Les montants seraient alors suffisants pour construire des infrastructures durables. Le comité coopératif a validé l’idée et la proposée à L’Assemblée générale de la Coopérative en lui suggérant que les 2 villages bénéficiaires soient tirés au sort parmi les villages qui n’ont pas encore de forage (l’accès à l’eau étant l’infrastructure la plus critique pour un village). L’Assemblée Générale a suivi la proposition du comité coopératif et le hasard a choisi les villages de Mamouroudou et Diaradouni.
Comment choisir les 2 villages? c’est tout simple: par tirage au sort !
Nous allons donc faire creuser un puit profond dans ces deux bourgades. Ce sera une véritable révolution pour les femmes de ces villages, car elles n’auront plus à descendre et remonter la colline pour aller chercher de l’eau et laver le linge à la rivière (la gestion de l’eau est critique, même dans le « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest »). Chaque femme gagnera ainsi jusqu’à une heure par jour et n’aura plus à porter plusieurs hectolitres d’eau sur la tête en franchissant un dénivelé de plusieurs dizaines de mètres plusieurs fois par jour. Sans oublier le transport des énormes quantités de bois nécessaires pour faire bouillir l’eau non-potable de la rivière.
L’année prochaine, nous ferons de même avec deux autres villages, et ainsi de suite pendant 13 ans pour que chacun des 26 villages bénéficie d’une infrastructure durable grâce à cette « péréquation financière » avant la lettre.
L’illustration ci-dessous est tirée des archives du CICR en Guinée, merci!
La fin du mois de mars a été consacrée à la préparation de l’audit de vérification. Une trentaine de placettes ont d’abord été choisies aléatoirement. Parmi celles-ci les auditeurs en contrôlent la moitié, généralement en fonction de la strate. Par exemple trois placettes ensemencées en 2021, quatre de 2022, trois de 2023, etc. Pour que le programme de visite soit réalisable en quelques jours, il importe également de s’assurer de l’accessibilité de chaque parcelle.
Sur les placettes sélectionnées, nos partenaires de South Pole ont insisté pour que les équipes de GUIDRE refassent les mesures d’arbres réalisées en novembre, pour être vraiment certains d’éviter les mauvaises surprises. Il faut en effet que les mesures d’arbres faites en présence des auditeurs correspondent exactement aux mesures faites avant l’audit. On n’a pas le droit à l’erreur. Or les surprises ne sont pas exclues: traces d’anciens feux ou de passage de bétail, un arbre de baseline « oublié » ou « ajouté »… plusieurs d’aspects qu’il faudra ensuite expliquer et justifier auprès des auditeurs. Et puis il y a les impondérables du voyage : UNHAS a de nouveau annulé un vol interne à la dernière minute et nous avons dû organiser le trajet des auditeurs par la route de Conakry à Linko. 800km à faire en 24h pour respecter le planning de l’audit, c’est sportif !
Malgré ces petits problèmes, l’audit s’est très bien passé, du 7 au 11 avril, grâce à la bonne humeur de tous et à l’interprète guinéen, bien plus compétent que le précédent. Car en effet, il ne s’agit pas que de mesurer des arbres: les auditeurs veulent aussi interviewer les bénéficiaires dans les villages pour s’assurer que tous les co-bénéfices que nous prétendons générer sont effectivement réels.
Nous avons même pu gagner du temps sur le programme car les auditeurs ont décidé de ne remesurer qu’un échantillon d’arbres par placettes. Mais il y avait un petit souci: les nouvelles mesures lors de l’audit obtenaient souvent un plus grand nombre d’arbres supérieurs à 2 mètres que les mesures faites en novembre, 6 mois plus tôt. Pour une raison toute simple: les 4 jours de pluies exceptionnels au mois de mars avaient immédiatement fait croître de jeunes arbres en-dessus de la limite des 2 mètres !
Sur les terrains, Pranam se charge des mesures d’arbres, tandis que Adak interroge les propriétaires avec l’interprète:
L’audit s’est conclu sur une note très positive puisque les auditeurs de Carbon Check n’ont relevé qu’un seul «finding» concernant le travail de terrain : lors des vérifications futures nous devrons marquer les arbres mesurés lors de notre inventaire forestier, pour que seuls ces arbres soient remesurés lors de l’audit (et pas ceux qui auront poussé grâce à la pluie)
Mariame Condé est « famille graine » dans le village de Kofilakoro depuis janvier 2022. Elle récolte l’espèce Carapa Procera (Kobi). Ecoutons-la raconter ses impressions dans sa langue maternelle, le konianke, traduit par Sékouba Condé, l’un des superviseurs de notre partenaire GUIDRE:
« Je m’appelle Mariame Condé famille graine. Ce projet a changé ma vie. En 2022 j’étais enceinte, j’ai fournit des efforts de collecter 20.000 graines à la fois. Le projet m’a payé 1.000.000 fg cet argent m’a soulagé. A l’époque mon mari avait voyagé sur Siguiri, une zone minière très loin d’ici, pour aller chercher de l’or en échange d’argent, et notre récolte avait presque finie d’être consommée. C’est dans cet argent Arborise que j’ai utilisé pour payer la nourriture et acheter des habits pour mon garçon.
En 2023 j’ai reçu 1.000.000 fg. J’ai acheté 2 moutons, j’ai reçu aussi une grande bâche qui me permet de récolter facilement mes graines de Kobi. Après la période de récolte des graines j’ai toujours utilisé ma bâche pour sécher mes grains de riz et servir à mes enfants de se coucher dessus.
En 2024 j’ai reçu 1.000.000 fg de la part de Arborise, j’ai augmenté le nombre de mes moutons. Moi je suis contente de ce projet, car il est venu pour nous aider et lutter contre la pauvreté.
A date j’ai 7 moutons qui sont mes économies durant des années pour mes enfants.
Aujourd’hui notre récolte des graines a pris fin, mais non seulement je continue à tirer de profit de mes moutons, mais surtout nous les femmes nous sommes constituées en groupement (CGC SABOUGNOUMA DE KOFILAKORO) Chaque année nous produisons des piments, du gombo et de l’arachide en quantité. C’est grâce à ce méga projet Arborise-Guidre que notre vie a changé.
Depuis que moi je suis née je n’ai jamais vu un tel projet qui donne beaucoup d’argents à nos maris des familles-terrains, qui nous donne encore beaucoup d’argent et nous aider à créer des forêts dans notre village, qui nous aide à avoir de l’eau dans nos marigots. Monsieur Condé vous mêmes vous savez que de 2021 – 2023 le marigot que tu as traversé sans eau, aujourd’hui il y’a l’eau désormais pendant toute l’année. Ensuite pourquoi moi j’ai aimé ce projet et pour nous l’apprécions tous: ce projet respecte toujours ses engagements, ses promesses vis à vis à nous. Nous avons toujours reçu tout ce qui est mentionné dans la convention et beaucoup de choses qui ne sont mêmes pas mentionnées dans la convention comme par exemple des rouleaux de grillages, des bâches, des machettes, des charrues… mais nous les avons toujours reçu à temps réel.
L’un des objectifs de la Coopérative, et le rôle principal du Comité Coopératif, est d’élaborer une clé de répartition des revenus carbone. En effet, ce n’est certainement pas à arboRise de définir comment ces revenus seront partagés entre les coopérateurs. Ce choix doit être fait par les premiers concernés, en fonction des traditions et des usages locaux.
Mais quels seront ces critères ? et comment les pondérer ? Doit-on tenir compte de l’effort et du mérite ou au contraire distribuer les revenus de manière uniforme ? La fatalité peut-elle être invoquée pour justifier certains résultats décevants ? etc.
Plutôt que de discuter de ces critères de manière abstraite, nous avons opté pour les jeux sérieux, plus efficaces. Concrètement, nous avons utilisé des bâches préimprimées sur lesquelles figuraient plusieurs cas de figure, comme ici où il s’agissait de répartir les revenus en fonction des aléas subis par les propriétaires des terrains :
Chaque membre du comité coopératif disposait de 20 pièces de monnaie (symboliques) représentant les revenus carbone du projet et avait pour tâche de les répartir entre les 10 situations présentées sur la bâche, puis de commenter son choix devant ses pairs.
Au fil de la journée un consensus s’est rapidement dégagé sur les principes de répartition des revenus carbone, par exemple :
Le respect des règles de la coopérative par chaque coopérateur doit être récompensé proportionnellement à l’effort que coûte le respect de chaque règle. Par exemple certaines règles « coûteuses » (installation des pares-feux autour des terrains) doivent être mieux rémunérées que les règles simples (installation des rubalises pour signaler les terrains)
Bien sûr que ceux qui s’engagent beaucoup pour favoriser la croissance des arbres sur leurs terrains doivent être récompensés, mais il faut aussi donner un peu aux « non-méritants » car sinon ils risquent de quitter le projet
Il faut (très clairement) récompenser le résultat (la densité et la hauteur des arbres sur les terrains) et pas l’effort qui a été nécessaire pour obtenir ce résultat
Les facteurs extérieurs (infertilité du terrain, feux, etc.) ne sont pas à considérer comme des fatalités : c’est la responsabilité de la famille-terrain si elle a choisi un terrain peu propice ou si son terrain a été touché par des feux.
Les jours suivants, nous avons répété le même exercice des bâches dans les 18 villages, à raison de 2 villages par jour, avec toutes les familles-terrains du village et en présence des 2 membres du comité coopératif du village. L’idée était de montrer aux familles-terrains la complexité de la tâche du Comité Coopératif, et cela a aussi permis d’exprimer tout haut ce que tout le monde pense tout bas : à la fin ce seront ceux qui auront des résultats qui recevront le plus de revenus carbone. Un autre enseignement, rassurant, est qu’il n’y a pas de véritables différences entre les villages : les choix de répartition sont assez homogènes.
Tout à la fin de l’exercice des bâches, nous avons demandé dans chaque village « quelle part de vos revenus carbone seriez-vous prêts à partager librement avec votre village ? ». La plupart des participant a indiqué être disposé à partager environ 10% de ses revenus carbone avec sa communauté. Avec cela les villages pourront développer leurs infrastructures (puits, maraîchages, poste de santé, école…).
Nous avons également échangé avec les familles-terrains au sujet de leurs coûts d’opportunité. En effet, si ces cultivateurs prêtent des terrains pour qu’ils soient reboisés, ils renoncent potentiellement à des revenus issus de leurs cultures. Nous nous sommes donc plongés avec eux dans les détails de la culture du riz de coteau pour en comprendre tous les aspects (rendements, dépenses, durée des cultures, durées des jachères, etc.).
Au total, dans les 18 villages, 186 personnes, soit 72% de toutes les familles-terrains, ont participé à ce processus de délibérations. Pour arboRise, le reboisement participatif n’est pas un vain mot. C’est essentiel que chacun.e ait son mot à dire pour que tous.te.s s’approprient le projet.
Selon notre expérience, l’un des leviers du changement, dans toute organisation ou groupe social, ce sont les leaders. Et notre processus vise également à faciliter l’émergence de nouveaux leaders, légitimé.e.s par des élections transparentes dans leur village, puis au niveau sous-préfectoral, au sein de la Coopérative. Bien entendu, les responsables politiques actuels (Sous-préfet, Maire de Linko, chefs de villages) sont associés au processus. Ils se félicitent de la dynamique initiée par le projet dans la région. En effet, nous sommes convaincus que c’est la mise en réseau des leaders (anciens et nouveaux !) qui sera décisive.
En décembre 2025 nous avions fondé la Coopérative des familles-terrains de Samana pour bien gérer le bien commun que sont les nouvelles forêts arboRise (voir notre reportage ici) et le 1er février 2026 a eu lieu une nouvelle Assemblée Générale pour procéder aux élections des organes de la coopérative :
En prévision de l’élection des 18 membres du Comité Coopératif, chaque village avait préalablement élu deux représentant.e.s, un homme et une femme. Lors de l’AG nous avons très simplement utilisé un chapeau dans lequel étaient placés 10 billets « Femme » et 8 billets « Homme ». Chaque village a tiré un billet au hasard et c’est ainsi que nous avons obtenu un Comité Coopératif constitué en majorité de femmes, toutes reconnues dans leur village, et ainsi visibles au niveau de la sous-préfecture.
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A ce propos, dans certains milieux on s’apitoie volontiers sur la condition de la femme africaine. Pour notre part, nous observons des signes tangibles de leur influence, qui contredisent cette image de faiblesse. Ainsi, dans un village de la sous-préfecture, les femmes ont destitué le chef du village qui rechignait à ce que le village rejoigne le projet ! Autre exemple : c’est une femme du village de Booko qui dirige la confrérie des chasseurs de toute la sous-préfecture, une fonction extrêmement puissante et qui implique des pouvoirs coutumiers importants. Troisième indice : le fait d’avoir exigé une majorité de femmes au comité coopératif n’a jamais été contesté, ni même débattu. Pour clore cette parenthèse, une lecture inspirante à ce sujet : L’autre langue des femmes de Léonora Miano.
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…Ensuite nous sommes passés à l’élection des 5 membres de l’Administration. Les coopérateurs de chaque village ont d’abord choisi le candidat de leur village, puis toute la salle a voté à main levée pour chaque candidat, les 5 avec le plus de voix ont été élus. Nous sommes très heureux de l’élection de Monsieur Mamady Kourouma, du village de Farawanidou, comme directeur de l’administration, et que Madame Mariam Sidibé de Sokourala, représente les femmes au sein de l’Administration de la Coopérative.
Chaque candidat et candidate s’est d’abord présenté.e à l’Assemblée, puis les 5 membres de l’administration ont été élu.e.s démocratiquement.
Le jour après l’Assemblée Générale, nous avions organisé une formation pour les 5 membres de l’administration et les 18 membres du Comité Coopératif et leurs suppléant.e.s pour les préparer à leur rôle et responsabilités.
Pour l’Administration c’est simple : ils doivent gérer le budget et organiser la prochaine Assemblée Générale (et ainsi soulager notre partenaire GUIDRE qui s’en occupait jusqu’ici)
Pour le Comité Coopératif, c’est plus ardu : il s’agit de mandater les mesureureuses pour que chaque terrain soit visité et évalué, puis, sur la base de leur rapport, d’élaborer une clé de répartition des revenus carbone. En effet, ce n’est certainement pas à arboRise de définir les critères de répartition de ces revenus. Ce choix doit être fait par les premiers concernés, en fonction des traditions et des usages locaux.
Mais selon quels critères répartir les revenus carbone ? vous le découvrirez ici.
A Samana nous devons également mesurer la biomasse préexistante (baseline) sur un échantillon, comme cela a été fait du côté de Damaro en 2025. Nous aurions dû faire ces mesures en 2024, l’année d’ensemencement des parcelles. Mesurer ces arbres deux ans trop tard signifie que leur biomasse contiendra deux ans de croissance et donc deux ans de carbone qui appartient au projet mais que nous devrons déduire (puisque, on s’en souvient, le projet ne peut pas comptabiliser le carbone préexistant sur les terrains avant les activités du projet).
Mesurer la biomasse préexistante nécessite plusieurs étapes :
EcoAct calcule la taille de l’échantillon, procède à la stratification et identifie de manière aléatoire les parcelles d’échantillon et les coordonnées GPS du point de mesure sur chaque parcelle.
Nous mettons à jour la procédure opérationnelle standard et formons GUIDRE
Pour chacune des 40 parcelles, les équipes de mesure de GUIDRE doivent
trouver la parcelle dans le village donné
baliser le périmètre de la parcelle circulaire de 600 m² avec de la rubalise
identifier tous les arbres existants, mesurer leur diamètre à hauteur de poitrine et leur hauteur, et identifier l’espèce de chaque arbre
envoyer les données via le formulaire kobo-collect
Les résultats montrent que la stratification, réalisée à partir d’images satellite, est validée par la réalité du terrain. On constate également que le nombre d’arbres préexistants par placette se reflète dans la valeur du NDVI en saison sèche (le NDVI mesure la santé de la végétation par satellite). Le NDVI est donc un indice relativement robuste de la biomasse préexistante.
En moyenne ce sont 30 tonnes de biomasse des arbres préexistants que nous devrons déduire de nos mesures ultérieures.
Notre projet de reforestation retire du CO2 de l’atmosphère, certes, mais quel est le bilan carbone des activités d’arboRise? Combien de CO2 les activités du projet émettent-elles dans l’atmosphère?
Le présent bilan carbone s’appuie sur la méthodologie Bilan Carbone™ et recense toutes les émissions GES de l’activité d’arboRise et de GUIDRE en Suisse et en Guinée pour les deux régions (Linko-Damaro-Konsankoro et Samana-Diassodou-Sokourala-Koumandou) pendant les 30 respectivement 20 ans de la période de certification.
Résumé des résultats :
Cette empreinte carbone de 1’100 t CO2e permet d’absorber 2’400’000 t CO2e grâce aux activités de reforestation d’arboRise et de GUIDRE dans les deux régions (Linko-Damaro-Konsankoro et Samana-Diassodou-Sokourala-Koumandou) pendant 20 respectivement 30 ans. Les émissions du projet ne représentent donc que 0,5% du CO2 que le projet retirera de l’atmosphère.
Commentaires et potentiels d’amélioration :
Les déplacements des équipes de GUIDRE sur le terrain sont bien entendu la source principale d’émissions de CO2. A terme il faudra réfléchir et tester l’utilisation de véhicules électriques.
Les vols en avion (porteur du projet, auditeurs, partenaires, visiteurs commerciaux) représentent 18% du total (196 t CO2e). Si tous les non-employés (auditeurs, partenaires, visiteurs commerciaux) n’étaient représentés que par une seule personne au lieu de deux, cela permettrait d’économiser 72 t CO2e. Il faut ici que les standards modifient leurs pratiques. Lorsque le Transguinéen sera disponible, nous pourront remplacer les vols internes par des déplacements en train.
L’empreinte des intrants est constituée pour moitié par les repas des équipes de GUIDRE sur le terrain, difficilement compressibles à moins de devenir végétariens (empreinte de la viande : 123 t CO2e). Les autres intrants dont l’empreinte est importante sont les grillages et les bâches pour les familles-graines.
Journée historique dans la sous-préfecture de Samana le 13 décembre 2025 : la première coopérative de Samana, regroupant les 248 familles-terrains de Samana, y a été fondée en présence des autorités locales.
Les 248 coopérateurs et coopératrices ont été invité.e.s à se réunir dans la Maison des Jeunes du chef-lieu de la commune. Un tel événement est exceptionnel dans la région : la plupart des participants ont été très surpris de recevoir deux bons repas pendant la journée ainsi qu’une indemnité journalière.
Les autorités de Samana ont été invitées et le sous-préfet de Samana a prononcé un discours très inspirant, que nous avons enregistré et diffusé sur la radio locale. Le thème principal de la journée était l’explication de « pourquoi créer cette coopérative » (pour mieux gérer les parcelles reboisées qui sont le bien commun de toutes les familles) et la préparation des élections des organes de la coopérative lors de la prochaine assemblée générale en mars 2026.
La Coopérative de Samana est déjà la deuxième, après la création de la coopérative de Linko en 2023.
201 participants se sont réunis à la Maison des Jeunes de Samana. Le bâtiment a tout juste pu accueillir l’assemblée.