Comment partager les revenus carbone?

L’un des objectifs de la Coopérative, et le rôle principal du Comité Coopératif, est d’élaborer une clé de répartition des revenus carbone. En effet, ce n’est certainement pas à arboRise de définir comment ces revenus seront partagés entre les coopérateurs. Ce choix doit être fait par les premiers concernés, en fonction des traditions et des usages locaux.

Mais quels seront ces critères ? et comment les pondérer ? Doit-on tenir compte de l’effort et du mérite ou au contraire distribuer les revenus de manière uniforme ? La fatalité peut-elle être invoquée pour justifier certains résultats décevants ? etc.

Plutôt que de discuter de ces critères de manière abstraite, nous avons opté pour les jeux sérieux, plus efficaces. Concrètement, nous avons utilisé des bâches préimprimées sur lesquelles figuraient plusieurs cas de figure, comme ici où il s’agissait de répartir les revenus en fonction des aléas subis par les propriétaires des terrains :

bâche préimprimée

Chaque membre du comité coopératif disposait de 20 pièces de monnaie (symboliques) représentant les revenus carbone du projet et avait pour tâche de les répartir entre les 10 situations présentées sur la bâche, puis de commenter son choix devant ses pairs.

Répartition des revenus  répartition - verteilung - sharing     Partager les revenus

Au fil de la journée un consensus s’est rapidement dégagé sur les principes de répartition des revenus carbone, par exemple :

  • Le respect des règles de la coopérative par chaque coopérateur doit être récompensé proportionnellement à l’effort que coûte le respect de chaque règle. Par exemple certaines règles « coûteuses » (installation des pares-feux autour des terrains) doivent être mieux rémunérées que les règles simples (installation des rubalises pour signaler les terrains)
  • Bien sûr que ceux qui s’engagent beaucoup pour favoriser la croissance des arbres sur leurs terrains doivent être récompensés, mais il faut aussi donner un peu aux « non-méritants » car sinon ils risquent de quitter le projet
  • Il faut (très clairement) récompenser le résultat (la densité et la hauteur des arbres sur les terrains) et pas l’effort qui a été nécessaire pour obtenir ce résultat
  • Les facteurs extérieurs (infertilité du terrain, feux, etc.) ne sont pas à considérer comme des fatalités : c’est la responsabilité de la famille-terrain si elle a choisi un terrain peu propice ou si son terrain a été touché par des feux.

Les jours suivants, nous avons répété le même exercice des bâches dans les 18 villages, à raison de 2 villages par jour, avec toutes les familles-terrains du village et en présence des 2 membres du comité coopératif du village. L’idée était de montrer aux familles-terrains la complexité de la tâche du Comité Coopératif, et cela a aussi permis d’exprimer tout haut ce que tout le monde pense tout bas : à la fin ce seront ceux qui auront des résultats qui recevront le plus de revenus carbone. Un autre enseignement, rassurant, est qu’il n’y a pas de véritables différences entre les villages : les choix de répartition sont assez homogènes.

Tout à la fin de l’exercice des bâches, nous avons demandé dans chaque village « quelle part de vos revenus carbone seriez-vous prêts à partager librement avec votre village ? ». La plupart des participant a indiqué être disposé à partager environ 10% de ses revenus carbone avec sa communauté. Avec cela les villages pourront développer leurs infrastructures (puits, maraîchages, poste de santé, école…).

 

exercice des bâches dans les villages

Nous avons également échangé avec les familles-terrains au sujet de leurs coûts d’opportunité. En effet, si ces cultivateurs prêtent des terrains pour qu’ils soient reboisés, ils renoncent potentiellement à des revenus issus de leurs cultures. Nous nous sommes donc plongés avec eux dans les détails de la culture du riz de coteau pour en comprendre tous les aspects (rendements, dépenses, durée des cultures, durées des jachères, etc.).

Au total, dans les 18 villages, 186 personnes, soit 72% de toutes les familles-terrains, ont participé à ce processus de délibérations. Pour arboRise, le reboisement participatif n’est pas un vain mot. C’est essentiel que chacun.e ait son mot à dire pour que tous.te.s s’approprient le projet.

Selon notre expérience, l’un des leviers du changement, dans toute organisation ou groupe social, ce sont les leaders. Et notre processus vise également à faciliter l’émergence de nouveaux leaders, légitimé.e.s par des élections transparentes dans leur village, puis au niveau sous-préfectoral, au sein de la Coopérative. Bien entendu, les responsables politiques actuels (Sous-préfet, Maire de Linko, chefs de villages) sont associés au processus. Ils se félicitent de la dynamique initiée par le projet dans la région. En effet, nous sommes convaincus que c’est la mise en réseau des leaders (anciens et nouveaux !) qui sera décisive.

Elections des organes de la Coopérative

élections

En décembre 2025 nous avions fondé la Coopérative des familles-terrains de Samana pour bien gérer le bien commun que sont les nouvelles forêts arboRise (voir notre reportage ici) et le 1er février 2026 a eu lieu une nouvelle Assemblée Générale pour procéder aux élections des organes de la coopérative :

Organes de la Coopérative

En prévision de l’élection des 18 membres du Comité Coopératif, chaque village avait préalablement élu deux représentant.e.s, un homme et une femme. Lors de l’AG nous avons très simplement utilisé un chapeau dans lequel étaient placés 10 billets « Femme » et 8 billets « Homme ». Chaque village a tiré un billet au hasard et c’est ainsi que nous avons obtenu un Comité Coopératif constitué en majorité de femmes, toutes reconnues dans leur village, et ainsi visibles au niveau de la sous-préfecture.

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A ce propos, dans certains milieux on s’apitoie volontiers sur la condition de la femme africaine. Pour notre part, nous observons des signes tangibles de leur influence, qui contredisent cette image de faiblesse. Ainsi, dans un village de la sous-préfecture, les femmes ont destitué le chef du village qui rechignait à ce que le village rejoigne le projet ! Autre exemple : c’est une femme du village de Booko qui dirige la confrérie des chasseurs de toute la sous-préfecture, une fonction extrêmement puissante et qui implique des pouvoirs coutumiers importants. Troisième indice : le fait d’avoir exigé une majorité de femmes au comité coopératif n’a jamais été contesté, ni même débattu. Pour clore cette parenthèse, une lecture inspirante à ce sujet : L’autre langue des femmes de Léonora Miano.

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…Ensuite nous sommes passés à l’élection des 5 membres de l’Administration. Les coopérateurs de chaque village ont d’abord choisi le candidat de leur village, puis toute la salle a voté à main levée pour chaque candidat, les 5 avec le plus de voix ont été élus. Nous sommes très heureux de l’élection de Monsieur Mamady Kourouma, du village de Farawanidou, comme directeur de l’administration, et que Madame Mariam Sidibé de Sokourala, représente les femmes au sein de l’Administration de la Coopérative.

Les candidats et candidates Les 5 membres de l'administration

Chaque candidat et candidate s’est d’abord présenté.e à l’Assemblée, puis les 5 membres de l’administration ont été élu.e.s démocratiquement.  

Le jour après l’Assemblée Générale, nous avions organisé une formation pour les 5 membres de l’administration et les 18 membres du Comité Coopératif et leurs suppléant.e.s pour les préparer à leur rôle et responsabilités.

  • Pour l’Administration c’est simple : ils doivent gérer le budget et organiser la prochaine Assemblée Générale (et ainsi soulager notre partenaire GUIDRE qui s’en occupait jusqu’ici)
  • Pour le Comité Coopératif, c’est plus ardu : il s’agit de mandater les mesureureuses pour que chaque terrain soit visité et évalué, puis, sur la base de leur rapport, d’élaborer une clé de répartition des revenus carbone. En effet, ce n’est certainement pas à arboRise de définir les critères de répartition de ces revenus. Ce choix doit être fait par les premiers concernés, en fonction des traditions et des usages locaux.

Mais selon quels critères répartir les revenus carbone ? vous le découvrirez ici.

Biomasse préexistante à Samana

A Samana nous devons également mesurer la biomasse préexistante (baseline) sur un échantillon, comme cela a été fait du côté de Damaro en 2025. Nous aurions dû faire ces mesures en 2024, l’année d’ensemencement des parcelles. Mesurer ces arbres deux ans trop tard signifie que leur biomasse contiendra deux ans de croissance et donc deux ans de carbone qui appartient au projet mais que nous devrons déduire (puisque, on s’en souvient, le projet ne peut pas comptabiliser le carbone préexistant sur les terrains avant les activités du projet).

Mesurer la biomasse préexistante nécessite plusieurs étapes :

  • EcoAct calcule la taille de l’échantillon, procède à la stratification et identifie de manière aléatoire les parcelles d’échantillon et les coordonnées GPS du point de mesure sur chaque parcelle.
  • Nous mettons à jour la procédure opérationnelle standard et formons GUIDRE
  • Pour chacune des 40 parcelles, les équipes de mesure de GUIDRE doivent
    • trouver la parcelle dans le village donné
    • baliser le périmètre de la parcelle circulaire de 600 m² avec de la rubalise
    • identifier tous les arbres existants, mesurer leur diamètre à hauteur de poitrine et leur hauteur, et identifier l’espèce de chaque arbre
    • envoyer les données via le formulaire kobo-collect

Les résultats montrent que la stratification, réalisée à partir d’images satellite, est validée par la réalité du terrain. On constate également que le nombre d’arbres préexistants par placette se reflète dans la valeur du NDVI en saison sèche (le NDVI mesure la santé de la végétation par satellite). Le NDVI est donc un indice relativement robuste de la biomasse préexistante.

Résultats PEB

En moyenne ce sont 30 tonnes de biomasse des arbres préexistants que nous devrons déduire de nos mesures ultérieures.

mesure de baseline à Sogboro - hauteur   mesure de baseline à Sogboro - circonférence

Le bilan carbone du projet

Notre projet de reforestation retire du CO2 de l’atmosphère, certes, mais quel est le bilan carbone des activités d’arboRise? Combien de CO2 les activités du projet émettent-elles dans l’atmosphère?

Le présent bilan carbone s’appuie sur la méthodologie Bilan Carbone™ et recense toutes les émissions GES de l’activité d’arboRise et de GUIDRE en Suisse et en Guinée pour les deux régions (Linko-Damaro-Konsankoro et Samana-Diassodou-Sokourala-Koumandou) pendant les 30 respectivement 20 ans de la période de certification.

Résumé des résultats :

Emissions de CO2 du projet arboRise

Cette empreinte carbone de 1’100 t CO2e permet d’absorber 2’400’000 t CO2e grâce aux activités de reforestation d’arboRise et de GUIDRE dans les deux régions (Linko-Damaro-Konsankoro et Samana-Diassodou-Sokourala-Koumandou) pendant 20 respectivement 30 ans. Les émissions du projet ne représentent donc que 0,5% du CO2 que le projet retirera de l’atmosphère.

Commentaires et potentiels d’amélioration :

Les déplacements des équipes de GUIDRE sur le terrain sont bien entendu la source principale d’émissions de CO2. A terme il faudra réfléchir et tester l’utilisation de véhicules électriques.

Les vols en avion (porteur du projet, auditeurs, partenaires, visiteurs commerciaux) représentent 18% du total (196 t CO2e). Si tous les non-employés (auditeurs, partenaires, visiteurs commerciaux) n’étaient représentés que par une seule personne au lieu de deux, cela permettrait d’économiser 72 t CO2e. Il faut ici que les standards modifient leurs pratiques. Lorsque le Transguinéen sera disponible, nous pourront remplacer les vols internes par des déplacements en train.

L’empreinte des intrants est constituée pour moitié par les repas des équipes de GUIDRE sur le terrain, difficilement compressibles à moins de devenir végétariens (empreinte de la viande : 123 t CO2e). Les autres intrants dont l’empreinte est importante sont les grillages et les bâches pour les familles-graines.

 

Le rapport détaillé est disponible ici: 251119_Bilan carbone arboRise

Une Coopérative de Samana

Journée historique dans la sous-préfecture de Samana le 13 décembre 2025 : la première coopérative de Samana, regroupant les 248 familles-terrains de Samana, y a été fondée en présence des autorités locales.

Les 248 coopérateurs et coopératrices ont été invité.e.s à se réunir dans la Maison des Jeunes du chef-lieu de la commune. Un tel événement est exceptionnel dans la région : la plupart des participants ont été très surpris de recevoir deux bons repas pendant la journée ainsi qu’une indemnité journalière.

Les autorités de Samana ont été invitées et le sous-préfet de Samana a prononcé un discours très inspirant, que nous avons enregistré et diffusé sur la radio locale. Le thème principal de la journée était l’explication de « pourquoi créer cette coopérative » (pour mieux gérer les parcelles reboisées qui sont le bien commun de toutes les familles) et la préparation des élections des organes de la coopérative lors de la prochaine assemblée générale en mars 2026.

La Coopérative de Samana est déjà la deuxième, après la création de la coopérative de Linko en 2023.

Assemblée Générale à Samana Discours du Sous-Préfet

201 participants se sont réunis à la Maison des Jeunes de Samana. Le bâtiment a tout juste pu accueillir l’assemblée.

Formation des CGC

Formation à Samana

Pour fournir un soutien immédiat aux familles-graines et aux familles-terrains de chaque village, le projet y constitue un Comité de Gestion Communautaire. Il s’agit de personnalités du village, entre 10 et 20 personnes, souvent déjà responsables de thématiques spécifiques (groupement féminin, jeunesse, santé et hygiène, etc.).

Dans notre projet les CGC sont responsables de

  1. L’appui des familles graines et des familles terrains. Le CGC coordonne les activités collectives (collecte des graines, ensemencement, etc.) et organise des activités d’apprentissage par les pairs.
  2. L’identification des bonnes pratiques. Le CGC identifie dans son village les terrains sur lesquels les arbres ont le mieux poussé et cherche à comprendre pourquoi pour reconnaître les bonnes pratiques
  3. La diffusion de bonnes pratiques au sein du village et entre les villages. Le CGC transmet les bonnes idées des familles graines aux autres familles-graines du village et la même chose pour les familles-terrains. Le CGC partage avec les autres CGC les bons exemples dans son village. Le CGC est le moteur de l’entraide
  4. La transmission des formations. Le projet forme les CGC pour qu’ils puissent former les familles du village
  5. L’identification des équipements et infrastructures utiles à la communauté. Le CGC organise la concertation des familles graines et terrains pour décider ensemble quels équipements et infrastructures sont nécessaires
  6. Les équipements collectifs obtenus grâce à arboRise sont gérés par les CGC. Le CGC établi un plan d’utilisation des équipements selon les besoins des familles graines et terrains. Après leur utilisation par les familles, celles-ci rendent le matériel au CGC qui s’assure de son bon état et procède à son entretien
  7. Les CGC coordonnent les mesures de santé-sécurité. Le CGC documente les situations d’urgences, les accidents, incidents et blessures dus au projet déclarés par les familles. En cas de situation d’urgence, le CGC organise le transport immédiat au Centre de Santé
  8. L’identification de litiges ou de doléances dues au projet. Chaque CGC évalue les effets du projet sur la communauté. Il peut exprimer les attentes des familles au projet et le conseiller sur les mesures à adopter.

Chaque année le projet organise une formation pour les délégués des CGC de chaque village. En décembre les CGC des 20 villages de Damaro ont reçu leur première formation couvrant des thèmes tels que « le changement climatique », «les marchés du carbone», «la prévention des feux de brousse», «les rôles des CGC», «le mécanisme de doléances», etc. Les délégués des CGC des villages ont été très attentifs et le maire a rendu visite aux participants pendant la formation afin de souligner l’importance du projet pour Damaro et les communautés et d’exhorter les participants à bien écouter et à apprendre le plus possible.

Ces formations sont bien sûr aussi l’occasion d’écouter et de discuter les préoccupations des participants. Ce dialogue contribue à adapter le projet à toutes les situations particulières qui se présentent.

CGC de Damaro

La formation s’est déroulée dans la nouvelle mairie, et nous avons eu l’honneur de recevoir la visite du Maire de Damaro.

 

Comme à Damaro, les CGC de Samana et Diassodou ont reçu une première formation. À Samana, comme nous en sommes à la deuxième année du cycle de plantation, nous avons expliqué le rôle de la Coopérative et analysé les contenus des conventions dans les moindre détails, car cette question avait été soulevée par les auditeurs lors de l’audit de validation. L’explication des conventions a été traduite en langue locale.

CGC de Diassodou

Les participants étaient très attentifs et ont posé de très bonnes questions. 

Mesurer les arbres au laser?

laser pour mesurer les arbres

Comme on l’a vu, la mesure manuelle des arbres pour une vérification est très fastidieuse. De plus, la biomasse est estimée au moyen d’une équation allométrique qui ne tient compte que du diamètre et de la hauteur.

Equations allométriques:

Qu’en est-il de la biomasse dans les branches ? Est-elle suffisamment prise en compte par les équations, qui souvent ne sont issues de mesures de forêts, indépendamment de l’espèce.

D’autres méthodes de mesures dendrométriques existent qui recourent en général à des scanners (TLS : terrestrial laser scanner)

TLS

De nombreuses études montrent que la précision de la mesure et le temps nécessaire sont similaires aux mesures manuelles, mais ces équipements sont très chers (60’000.- CHF).

Depuis 2021, la plupart des iPhone et iPad contiennent un scanner lidar (laser) et des applications spécifiques pour la mesure des arbres ont vu le jour sur l’app store. Le coût est bien inférieur aux équipements de TLS et la mobilité permet de résoudre les problèmes d’occlusion auxquels sont confrontés les TLS fixes. Nous avons voulu tester cette approche.

La littérature scientifique sur le sujet est déjà bien fournie :

Sur la base de ces études, nous avons retenu deux applications que nous avons testées. ForestScanner et Arboreal Forest se contentent hélas de mesurer le diamètre (mais elles le font très bien) et de créer un digital terrain model. Nous aurions souhaité de véritables images 3D de chaque arbre.

Nous avons testé ensuite deux applications de modélisation 3D (3D Scanner app et Polycam) mais les résultats n’ont pas été concluant : scanner un arbre de tous les côtés prend de nombreuses minutes et il est toujours impossible de scanner l’arbre par en-haut, donc l’image 3D des branches et de la couronne est lacunaire. De plus, lorsque la végétation basse est dense, avec beaucoup de feuillages (qui bougent à cause du vent), le scanner a des difficultés à travailler correctement.

Conclusion : les mesures manuelles restent pour l’instant toujours plus avantageuses en termes de rapidité, de coûts et de précision. Mais merci à tous ces développeurs d’applications qui fournissent des outils très utiles pour mesurer des monocultures. 

Mesure des arbres du projet

La validation du projet étant presque terminée, nous pouvons désormais entamer le processus de première vérification. On se souvient que nous avons établi un échantillon représentatif de 116 placettes de monitoring parmi les 840 parcelles reboisées entre 2021 et 2024.  Maintenant nous devons mesurer tous les arbres présents sur les 116 de placettes de 625 m², soit 72 500 m² au total. Cette opération nécessite plusieurs étapes :

  • Actualiser la procédure opérationnelle standard et former GUIDRE en visioconférence
  • Pour chacune des 116 parcelles, les équipes de mesure de GUIDRE doivent
    • trouver la parcelle dans le village donné
    • rafraîchir la peinture jaune au centre de la parcelle
    • baliser le périmètre de 625 m² de la parcelle circulaire avec des rubalises
    • identifier chaque arbre de plus de 2 mètres, le marquer avec un morceau de ficelle colorée pour ne pas le mesurer deux fois, mesurer son diamètre à hauteur de poitrine et identifier l’espèce de chaque arbre. Il s’agit d’une tâche ardue, sachant qu’il y a environ 100 arbres dans chaque périmètre.
    • envoyer les données via le formulaire Kobo-Collect

Dans les deux premiers villages (Linko et Kala), les équipes ont aussi dû compter tous les arbres de plus d’un mètre et mesurer la hauteur de chaque arbre de plus de deux mètres.

D’après notre expérience à Samana, nous savons que cette activité est exigeante car elle nécessite de la concentration et de la précision dans un contexte difficile (pluie, forte densité d’arbres et de buissons). Bien que nous souhaitions nous en tenir à notre planification, nous ne mettons pas trop de pression sur les équipes afin de garantir la qualité des mesures. Après une période de rodage, les deux équipes progressent très bien.

Mesurer les arbres

Il est difficile de définir le périmètre de la parcelle à 14,1 mètres du centre en raison de la végétation dense.

Paiement des premiers « revenus carbone »

Paiement des revenus carbone

Toutes les 290 familles-terrains à Linko ont reçu pour la première fois leurs «revenus carbone», selon la clé de répartition proposée par le comité coopératif et approuvée par l’Assemblée Générale de la Coopérative. Rappelons qu’il s’agit de revenus carbone virtuels puisque le projet n’a pas encore généré de crédits carbone. Le montant distribué aux bénéficiaires est tiré des préfinancements du projet.

Pour assurer un paiement sécurisé le projet a proposé à chacun des 290 membres de la Coopérative des Familles-Terrains de la CR de Linko d’ouvrir un compte bancaire au Crédit Rural de Guinée. Le projet a financé les frais administratifs de ces ouvertures de comptes par la filiale de Kérouané du CRG.

Le processus de paiement s’est déroulé sans encombre malgré quelques difficultés techniques rencontrées par le Crédit Rural de Guinée (retard de paiement de la Banque centrale au CRG et problèmes informatiques liés au logiciel utilisé pour répartir les fonds sur les comptes individuels).

Le Crédit Rural de Guinée à Linko   Paiement des revenus carbone

L’équipe du Crédit Rural de Guinée a mis en place un bureau mobile à Linko afin de réduire la distance pour les bénéficiaires.

 

La part attribuée aux villages, telle que votée lors de la dernière assemblée générale de la coopérative, sera remise très prochainement aux autorités de chaque village afin de promouvoir des projets d’utilité publique.

Placettes de baseline 2025

Après avoir délimité et ensemencé les parcelles 2025 au cours du premier semestre, nous devons mesurer la baseline sur un échantillon, ce qui se fait au cours du second semestre. Cela nécessite plusieurs étapes :

  • South Pole calcule la taille de l’échantillon et identifie les coordonnées GPS de manière aléatoire
  • Nous mettons à jour la procédure opérationnelle standard et formons GUIDRE
  • Pour chacune des 45 parcelles, les équipes de mesure de GUIDRE doivent
    • trouver la parcelle dans le village donné
    • installer un poteau métallique au milieu de la parcelle et le fixer avec des pierres
    • marquer ce centre avec de la peinture jaune
    • baliser le périmètre de la parcelle circulaire de 625 m² avec du ruban de signalisation
    • identifier tous les arbres existants, les marquer avec un clou (pour pouvoir les retrouver lors des mesures futures), mesurer leur diamètre à hauteur de poitrine et leur hauteur, et identifier l’espèce de chaque arbre
    • envoyer les données via le formulaire kobo-collect

L’objectif de cette activité sera, à l’avenir, de déduire cette biomasse qui n’est pas due au projet de la biomasse générée par le projet. En effet le projet ne peut s’attribuer le mérite d’avoir planté ces arbres puisqu’ils étaient déjà là. Par contre, dorénavant le projet doit protéger ces arbres, car s’ils venaient à disparaître nous devrions retirer la biomasse perdue des tonnes de carbone générées par le projet

Cette activité a débuté à la mi-septembre et a été rendue difficile par les fortes pluies.

mesure de baseline   mesure de diamètre

Il est difficile de mesurer la hauteur des arbres en raison de la densité de la végétation. Comme il n’est pas possible d’utiliser un clinomètre, nous utilisons une perche combinée à un mètre ruban.